Visite d’échoFab, le Fab Lab de Montréal

Logo d'échoFabVisite guidée :

Vraiment sympas, incroyablement intéressants… mais comment aurait-il pu en être autrement ?

Il y a peu, les animateurs du Fab Lab de Montréal nous ont accueillis et présenté leur structure.

– Leur Fab Lab est le premier et le seul, à Montréal et même au Canada ! Mais l’un des membres de la première heure vient de repartir pour sa région natale avec le projet – et déjà les financements pour ainsi dire – d’en monter un à Saguenay, un Fab Lab qui aurait  une orientation plutôt médicale : la thérapie par la fabrication numérique.

– L’initiative vient de « Communautique », un organisme dont le but est de réduire la fracture numérique et d’accroître la réappropriation des savoirs. Ils ont eu vent des Fab Labs et eu envie de voir ce que ça donnerait sur le terrain.

– La subvention (25 000$ pour le matériel), le prêt de locaux (sur une ligne de métro, crucial !), et le recrutement de trois stagiaires salariés à temps plein sont des manifestations claires de leur volonté. On ajoutera dans les membres deux bénévoles qui travaillent uniquement sur la communication.

– À ce jour, échoFab ouvre en Open Lab 2 jours par semaine (14-21h) et c’est tout. Il n’y a pas de statuts de membres, pas d’horaires payants pour les entreprises… Comme leur locaux (une enfilade de trois petites salles au 2ème étage d’un immeuble de bureaux) ne leur permettent pas encore d’être très à l’aise pour ce qui concerne le bruit, l’extraction de poussière, ils sont en passe de prendre leur autonomie, d’exister sous forme de Co-op (l’équivalent d’une association loi 1901 pour nous), d’établir des partenariats avec les boîtes privées et de déménager évidemment.

Le local d'échoFab à Montréal

– Qu’est-ce qu’ils ont comme machines ?

Une Ultimaker.

Une reprap qu’ils ont redessinée pour pallier à ses défauts et rebaptisée échoRap.

Un micro-contrôleur Arduino.

Une fraiseuse CNC qu’ils ont assemblée et réglée tout seuls en 3 jours (elle est bien, elle fonctionne, mais faute d’évacuation appropriée, ils l’utilisent avec un petit aspi, la fenêtre ouverte (brrr) et en portant un masque). Du fait de sa petite particularité technique (c’est la pièce qui se déplace et non la tête), cette machine correspond bien à leurs locaux et aura un jour une cousine ou une petite sœur, c’est temporaire.

Ils ont aussi plein de trucs en vrac : établi, étau, pièces d’une imprimante désossée, une machine à coudre Singer, une imprimante Apple des années 80, beaucoup de petites choses qu’on stocke en se demandant si ça va servir un jour. Conseils d’initiés : penser aux factures même pour les trucs qu’on achète de seconde main…

– En fréquentation, quelles que soient les périodes de l’année ou la météo, ils comptent 5 à 15 membres par jour mais ont un peu de mal à fidéliser les gens (famille, fin d’un projet perso…), ils disent qu’en général les projets individuels avancent mais que c’est plus difficile pour les projets collectifs, le leur « l’Arduiflo » avance mais laborieusement – curieusement, ils viennent de s’adjoindre les compétences d’un ingénieur électronicien originaire de Tours…

Plus de détails sur ce projet d’arrosage automatique à ici

Parmi les fidèles, on compte aussi une artiste spécialisée dans les usages du numérique qui préparait au moment de la visite des coffrages pour les sculptures de glace qu’elle présenterait dans le cadre d’une expo sur le réchauffement climatique.

Curieusement les universités les ignorent mais pas leurs étudiants qui peinent à accéder aux équipements de leurs labos et qui concrètement viennent au Fab Lab !

Les salons, foires… ne leur amènent pas vraiment de monde (les gens amusés par l’impression 3D qui veulent graver un gadget à l’image de leur chum ou de leur blonde représentent dans les 90% d’utilisation d’une machine au potentiel incroyable mais quel intérêt y a-t-il à documenter cela sur leur Wiki ?) cela dit, cela permet effectivement de rencontrer du monde et ce n’est pas négligeable.

– Enfin, la conversation a roulé sur l’Europe, notamment sur le soutien des pouvoirs publics aux Pays-Bas (qui compte une quinzaine de Fablabs), plus précisément de leurs interlocuteurs à Amsterdam (dotée de 5 fablabs dont un sur 4 étages !), Rennes a beaucoup de ressources aussi à partager. Le jeune homme a d’ailleurs souligné ce paradoxe : à leurs yeux, le réseau des Fab Labs fonctionne très bien mais surtout vers l’Europe, ils ont très peu de contacts avec les E-U. ! Il ajoute qu’à ses yeux l’initiative à Rennes d’ouvrir tous les midis gratuitement des ateliers Arduino + une centaine de senseurs avec deux employés (de Télécom ?) avait eu un effet détonant : publicité, engouement, dons de matériel ici, fidélisation d’un petit groupe là… Cela peut nous inspirer. En tout cas, ils nous souhaitent bonne chance et attendent de nos nouvelles.

Souhaitons-leur à notre tour de prendre leur essor comme ils l’espèrent et de bien essaimer dans la Belle Province.

Plus d’infos sur leur site

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